Mes premiers pas en Asie : les stations balnéaires du Vietnam

Viêt Nam - Journal de bord

Publié le Sun Mar 08 17:23:24 CET 2015 par :

musicalex

Baroudeur, routard , ascendant Expat, séjour long

Rédacteur

En se dirigeant toujours plus vers Ho Chi Minh Ville, où nous devions reprendre l'avion, nous avons longé la cote de la Mer de Chine Méridionale. Pour ne pas se fatiguer par un autre trajet infini, nous avons opté par deux arrêts sur le parcours : Nha Trang et Mui Ne. Deux stations balnéaires, offrant la même eau turquoise mais un expérience radicalement dissemblable

Mes premiers pas en Asie : les stations balnéaires du Vietnam

Nha Trang, un arrêt dont on aurait pu se passer.

 

Nous l'avons atteint après 11h chaotiques de bus de nuit. Ces derniers représentent le moyen de transport le plus économique mais aussi le moins reposant. L'énorme bus voyageurs ne convient pas du tout aux routes étroites et mal entretenus traversant le pays. Filant à toute vitesse dans la nuit, il menace d'écraser tout élément qui croiserait inopportunément son chemin. Le chauffeur klaxonne sans cesse pour prévenir de son passage mais beaucoup trop tard, pour réagir en cas de danger. À l'intérieur, on s'allonge sur trois rangées de couchettes superposées sur deux étages, conçues selon la taille des vietnamiens. Les occidentaux dépassent minimalement tous de leurs jambes. La ceinture y est obligatoire lorsqu'on dort sur la couchette du haut car au moindre freinage d'urgence, c'est-à-dire toutes les 10 minutes, on risque de traverser, en volant, tout le véhicule. Les places sont assignées selon l'ordre d'arrivée mais aussi selon le bon vouloir de l'aide-chauffeur. Se trouvant les derniers embarqués de Hoi An, j'ai hérité d'une couchette rajoutée en hauteur dans une fausse 4ème rangée et mon copain, a pris la couchette, coincée entre une famille et la porte des toilettes qui claquait à chaque mouvement.

Vive les Gravols.

 

Débarqués à 6h du matin, dans la station thermale, malgré l'annonce d'une journée magnifique avec le lever du soleil sur la promenade Tran Phu, nous nous sommes vite rendus compte que Nha Trang n'allait pas se retrouver au top de nos destinations favorites. Cette ville courue par les russes et les chinois, remporte la palme du plus haut taux de vol et consiste en de grands boulevards sans cachet et une plage artificielle sans fin au bord de la rue principale. Nous nous sommes promenés sous une lumière ardente, sans s'y sentir à l'aise. Nous nous sommes toutefois rafraichis un peu à l'ombre de la Pagode de Long Son, édifiée à la fin du 19ème siècle, où un Bouddha de 14 mètres, de couleur chantilly, surplombe la ville.

 

Désœuvrés, nous avons fini la journée dans la micro brasserie Louisiane Brewhouse, en dégustant une blonde au fruit de la passion. Derrière les cuves de bières, une splendide piscine donne accès à la mer. Mais ce décor grandiose était gâché par une horde de canadiens sans classe, célébrant le 1er juillet, avec un taux d'alcoolémie très élevé dans le sang en plein après-midi, et faisant fuir tous les vietnamiens, dégoutés par cette démonstration en force que le jeunes occidentaux peuvent être pathétiques. Nous nous sommes cachés à l'intérieur, en jouant tranquillement plusieurs parties de billard afin de ne pas révéler que nous étions des compatriotes de ces touristes stéréotypés, confondant le Vietnam avec un congé du Spring Break dans un tout-inclus de Cancun.

 

Le lendemain, nous n'étions pas abattus de reprendre le bus pour quitter, pour Mui Ne et la béatitude absolue.

 

Mui Ne donne envie de prendre une pause, de tout lâcher et de réapprendre à respirer. Elle pousse à réfléchir sur l'inutilité du rythme effréné qu'on suit au Québec. On a le goût de s'y fixer et parfaire les choses simples de la vie : se baigner, manger, lire, écrire et dormir.

 

Impossible de se perdre, seule la route nationale compose la ville. Les restaurants, les hôtels et les bars la longent sur 10 km mais le coin le plus agréable reste le début même du village, car plus charmant. La plage est sauvage et les vagues puissantes. Pour 10$, au Bien Dua Resort, nous avons eu accès à une petite cabane au toit en feuilles de palmier, pratiquement directement dans l'eau. Une vraie lune de miel à prix modique.

 

Suite à quelques ploufs dans la mer chaude, la reste de la soirée a été composée de cocktails maison au rhum Viet avec le soleil couchant sur la plage déserte, puis d'un repas gargantuesque de fruits de mer, et enfin de la tournée de minuscules bars et clubs où tous les mojitos se vendaient à moitié prix.

Je ne me souviens plus de tous les détails de la soirée, mis à part que les étoiles brillaient, puissantes dans le ciel, que nous avons dansé avec des expatriés néo-zélandais au Pogo, et que nous nous sommes enfuis par la plage pour regagner notre bungalow, main dans la main et pieds nus, sans prévenir nos nouveaux amis.

 

Le réveil a été pénible. La bouteille d'alcool traditionnel à 2$ n'était pas une merveilleuse idée pour la tête mais cette fête avait bien clôturé cette série de villes balnéaires. Pour nous remettre de la gueule de bois, nous avons roulé en scooter jusqu'à une étendue de dunes éblouissantes. Seuls au monde dans le désert, le sable brulait à travers les chaussures. Finalement, nous nous sommes baignés une dernière fois avec les algues gluantes et les crabes mordant les fesses.

 

Il était temps de retourner à la civilisation, à Saigon.

 

À suivre : Incroyable Saigon!

Connectez-vous pour laisser un commentaire.

À LA UNE : l'article de musicalex

À LIRE dans la tribune Inspirations & Découvertes